mais où est donc passé fidel ?

Publié le par - iris -

 

Una Liutkus et Fidel Castro sur un bateau à Cuba en 1964 (DR)


Cela fera 30 jours que Fidel n'a rien écrit sur son "blog". La dernière publication remonte au 15 décembre 2008.

Après avoir démissionné de la présidence de Cuba en février, depuis le 27 mars 2007, Fidel Castro publie régulièrement ses "Reflexiones" sept à huit fois par mois sur divers thèmes, surtout de politique étrangère.

Il s’y montre comme la "conscience de la Révolution" sans trop se mêler du quotidien mais sans se priver de rappeler le nécessaire respect des principes… pour que le régime ne disparaisse pas…

Or, deux évènements de toute première importance viennent d’avoir lieu. Au Brésil, les 19 et 20 décembre, Cuba a été admis à nouveau dans une conférence de tous les pays latino et centre-américains. Trente trois chefs d’Etat y ont accueilli Raul Castro, très amicalement si l’on en juge par les "abrazos" (et même les rigolades..) des photos publiées par les agences de presse internationales.

Le président brésilien Lula a souligné l’importance historique d’une telle réunion, qui n’avait jamais eu lieu depuis deux siècles sans la présence de l’Espagne ou des Etats-Unis… A cette occasion, c’est par un vote unanime, que l’ensemble de l’Amérique latine a exigé du futur président Obama la levée de l’embargo américain sur Cuba! Un tel évènement capital n’a pourtant provoqué aucune réaction, en tout cas pas la publication, d’une "Reflexion del Commandante en Jefe"!

Une dizaine de jours plus tard, le 1er janvier 2009 Cuba a fêté très modestement le cinquantième anniversaire de la prise de pouvoir par les barbudos. Le message de Fidel Castro au peuple cubain publié à cette occasion n’a que douze mots!

Son dernier texte publié était consacré à l’écologie. A l’occasion de la récente conférence de Poznan, concluant que notre environnement est bien compromis, Fidel termine en se demandant si l’espèce humaine va pouvoir survivre à l’état calamiteux de notre planète...

D’ordinaire, tous ses textes sont publiés dans le quotidien Granma et archivés soigneusement à la queue-leu-leu sur son site Internet. Depuis le 1er janvier, il n’y a plus l’intégralité, mais seulement quelques publications récentes. Et sur le site de l’Agencia Cubana de Noticias, c’est pareil.


La ronde des chefs d'Etat sud-américains


Raul Castro a dit lors de son discours du 1er Janvier:

"Cuba n’est pas seule!"

A la suite de la visite le 4 janvier de Martin Torrijos, président du Panama et de celle du président de l’Equateur, Rafael Correa, qui a suivi, au cours des prochaines semaines de très importants visiteurs vont se succéder à La Havane.

La présidente de l’Argentine Cristina Fernandez de Kirchner arrive le 18 janvier et celle du Chili, Michèle Bachelet, la semaine suivante. Le mois prochain ce sera le tour président du Mexique, Felipe Calderon. D’autres vont suivre… Il faut souligner surtout, que c’est là leur premier voyage à tous à La Havane!

Alors que le cinquantième anniversaire de la prise de pouvoir par Fidel Castro n’a appelé que des commentaires très critiques et ironiques en France, l’étoile de Cuba n’a, semble-t-il, jamais été aussi forte en Amérique latine chez les chefs d’Etat: on est loin des militants et des guérillas!

Il s’agit là d’un message fort des pays latino-américains au futur président Barack Obama pour lui rappeler l’existence de l’Amérique latine, si négligée par le président Bush.

Sur le thème très peu satisfaisant des droits de l’homme à Cuba, rappelons cependant que Cuba, après l’avoir refusé pendant des années, a signé les traités de l’ONU et que l’Union européenne a repris en octobre l’ensemble de ses relations avec le pays en estimant "qu’il y a eu de légères avancées" et que le moratoire sur la peine de mort est maintenu. L’année prochaine sera décisive aussi dans ce domaine.

Lors de la campagne électorale, Barack Obama a promis de lever dès son installation à la Maison Blanche l’interdiction de voyager à Cuba plus d’une fois tous les trois ans mise en place par George Bush ainsi que de permettre les voyages de touristes américains!

Cuba est-elle prête à cet afflux, qui par ailleurs, renflouera les caisses publiques et privées, absolument vides, d’un pays qui a du mal à se relever des dégâts dramatiques (plus de dix milliards de dollars) causés il y a trois mois par les cyclones Ike et Gustav?

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