90 minutes pour convaincre ? mouais...

Publié le par - iris -

Pendant l'interview de Nicolas Sarkozy le 5 février

En résumé

Il n'a pas dit "I screwed up" ("j'ai foiré") comme Barack Obama, ce n'est pas son style.

Il a voulu montrer aux Français qu'il y avait bien un pilote dans l'avion pour conduire la France au travers de la crise "la plus grave depuis un siècle" (euh... et 1929?), même si le cap n'est pas clairement défini.

A-t-il réussi à rassurer les Français, ceux qui ont fait grève et manifesté jeudi dernier, et les autres qui n'en pensent pas moins?

Pas si sûr, car le président de la République n'a pas voulu faire de concession immédiate sur le pouvoir d'achat, raillant même le gouvernement britannique de Gordon Brown pour l'"échec" de sa relance par la consommation, une pique indirecte en direction du PS français qui en fait son cheval de bataille.


Pas un mot sur la Guadeloupe, le premier à s'insurger contre la crise

Refus de toucher au smic, refus aussi d'emboîter le pas à la mesure d'Obama de plafonnement des salaires des PDG des entreprises aidées par l'Etat qui touche symboliquement au sentiment d'injustice ressenti par les victimes de la crise...

Pas un mot, non plus, sur la Guadeloupe, le département français en grève, qui, le premier, s'est insurgé contre les effets de la vie chère et de la crise.

Nicolas Sarkozy a toutefois voulu se montrer ouvert sur toute une série de chantiers qu'il se dit prêt à aborder avec les partenaires sociaux le 18 février, et qui pourraient avoir un impact modeste mais réel sur le pouvoir d'achat en période de crise, comme une meilleure indemnisation du chômage partiel ou du chômage des jeunes, ou un débat encore vague sur la répartition de la richesse dans l'entreprise.

Cet affichage souple vis-à-vis des syndicats avait évidemment pour but de déminer le terrain social dans l'après-29 janvier.


Des mesures insuffisantes pour dessiner une sortie de crise

Restent des annonces qui ne sont pas innocentes, comme l'annulation éventuelle de la première tranche des impôts; une mesure qui révèle sa cible de choix, les électeurs modestes mais imposés, ceux qui le lâchent. Ou celle, controversée, de la taxe professionnelle. Pas suffisant pour faire un programme cohérent de sortie de crise.

On retiendra néanmoins quelques petites phrases, à commencer par celle-ci, répétée deux fois:

"Vous croyez que mon travail est facile?"
“Mon métier est très difficile”...

On retiendra également le goût de l'anecdote censée faire mouche, comme ce chocolat noir taxé à 5,5%, et le chocolat au lait taxé à 19,6%. On n'est pas sûr de comprendre ce qu'il a voulu dire, mais c'était drôle.

Alors, une interview pour rien? L'exercice n'était pas à la mesure de la crise et de son impact dans la population. D'autant que ce rituel monarchique bien contrôlé, avec des journalistes choisis, mouchés quand on veut rabattre leur caquet comme il l'a fait avec David Pujadas, n'est pas approprié. Mais, sans doute, ce jeudi soir, Nicolas Sarkozy s'est-il trouvé assez bon.

 

 

c'était le résumé de rue89

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